En seulement 3 longs métrages, Joachim Lafosse, jeune réalisateur de 32 ans, semble avoir conquis la critique, le public francophone et la profession. Après Folie Privée en 2004, et Ca rend Heureux en 2006 qui ont tous deux raflé de nombreux prix dans les festivals européens, Nue Propriété, sorti le 21 février dernier sur les écrans, affiche déjà un franc succès et offre aux Français une nouvelle perspective sur le cinéma belge.
On connaissait la comédie déjantée à la Dikkenek, le film noir-gore-décalé à la Calvaire, le cinéma social des frères Dardennes ou plus récemment de Lucas Belvaux, mais jusqu'à présent le drame intime et familial restait l'apanage du cinéma hexagonal... Joachim Lafosse, sûrement grâce à sa casquette de scénariste, auteur et metteur en scène de théâtre, s'intéresse, lui, aux crises du quotidien, aux morceaux de vie, puisant ses scénarios dans ses expériences personnelles. C'est ainsi qu'il touche à des thèmes comme les conflits familiaux ou les déboires d'un cinéaste à Bruxelles.
Natif de Uccle, il fait ses études de réalisation de à Louvain-la-Neuve à l'Institut des Arts de Diffusion, pour enfin s'installer dans la capitale wallonne. Son film de fin d'études Tribu remporte plusieurs prix dont celui du meilleur court-métrage au Festival de Namur en 2001. En 2005, il participe à l'Atelier du Festival de Cannes, avec son projet Révolte Intime. Joachim évolue dans cette Belgique bilingue et bi-culturelle et ses films traduisent bien souvent cette dualité : il bénéficie du soutien financier de la Communauté française tout en faisant travailler des acteurs flamands. « Le vrai problème, c'est que les films francophones belges n'ont pas de succès en Belgique. Les Belges ne vont pas voir les acteurs belges qui jouent dans des films belges. »
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